Tech

Vrai ou faux : la résurrection numérique de politiques en Belgique, en Inde et en Indonésie grâce à l’intelligence artificielle

/Leo Francois

La technologie de l’intelligence artificielle ouvre des perspectives inédites, y compris celle de la résurrection numérique. Dans plusieurs pays, comme la Belgique, l’Inde et l’Indonésie, l’utilisation des deepfakes pour faire parler des politiciens décédés soulève des questions éthiques profondes. Décryptons cette tendance fascinante et troublante.

Le phénomène en Belgique

En Belgique, l’utilisation des deepfakes a récemment provoqué une vive polémique. Un parti néerlandophone a créé une vidéo animée d’un ancien premier ministre, Jean-Luc Dehaene, sous-titrée « The beast is back ». Cette réalisation a suscité de vives critiques. Les producteurs de ce deepfake se sont défendus en affirmant avoir eu l’accord de la famille du défunt. Néanmoins, l’opinion publique s’interroge sur les limites morales en matière de représentation post-mortem.

Il est crucial de se demander si la réutilisation numérique de personnalités politiques ne devient pas un moyen de manipulation. Faire dire à un défunt des propos qu’il n’a pas tenus est une pratique douteuse. Peut-on vraiment autoriser l’emploi des avatars numériques pour des fins politiques ?

L’Inde et la tendance des deepfakes

En Inde, la résurrection numérique prend une tournure sans précédent. Des deepfakes de politiciens décédés sont devenus monnaie courante, inondant l’espace politique. Lors des élections nationales de 2024, un candidat a publié une vidéo où son père, ancien député, le soutenait. Le hic ? Ce père est décédé depuis 2020. Ce type de reproduction numérique soulève d’importantes questions éthiques. Quelle est la légitimité de faire parler des personnes décédées, même pour des soutiens politiques ?

Le charisme de figures disparues est utilisé comme un outil de manipulation. Les électeurs pourraient être influencés par des vidéos qu’ils croient authentiques, alors qu’il ne s’agit que de créations de l’intelligence artificielle. Cela remet en question la transparence du processus démocratique.

Une réalité contrefaite en Indonésie

En Indonésie, la résurrection numérique est également à l’ordre du jour. Une vidéo d’un homme se faisant passer pour l’ancien dictateur Suharto, mort en 2008, a été vue plusieurs millions de fois. Ce deepfake encourageait les électeurs à voter pour un parti spécifique. Encore ici, la manipulation des opinions publiques via des apparences trompeuses soulève de graves préoccupations. L’impact sur la crédibilité des élections peut être catastrophique.

Les partisans de cette technologie avancent que ces représentations n’ont pas pour but de tromper, mais de rendre hommage à des figures politiques. Cette justification éthique est cependant sujette à caution. La ligne entre hommage réflexif et exploitation des souvenirs politiques est fine. L’usage éthique de cette technologie doit être soigneusement examiné.

L’impact éthique de la résurrection numérique

Que ce soit en Belgique, en Inde ou en Indonésie, la résurrection numérique de personnalités politiques amène à une réflexion éthique profonde. Les questions de consentement, de légitimité et de manipulation démocratique sont au centre des débats. Cela demande une régulation stricte. L’adhésion à ces pratiques peut-elle mener à une érosion de la confiance publique envers le processus électoral ?

Il est impératif de partager cet article si vous le trouvez utile. Cette tendance de résurrection numérique doit être discutée largement. L’opinion publique doit être informée. Qui sait quelles autre utilisation de l’IA pourrait émerger à l’avenir ? Cela mérite notre plus grande attention.

En explorant les conséquences de l’IA, d’autres questions apparaissent. Quid de l’avenir des conversations numériques avec nos proches disparus ? Quels sont les enjeux de l’éthique numérique concernant la vie, la mémoire et la manipulation ?

Avatar photo

À propos de l'auteur, Leo Francois

Articles similaires